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Type Thesis or Dissertation - Docteur en démographie
Title Entraide familiale et fecondite en contexte de pauvrete : le cas du Cameroun
Author(s)
Publication (Day/Month/Year) 2015
URL https://bdr.u-paris10.fr/theses/internet/2015PA100046_1.pdf
Abstract
Cette thèse s’interroge principalement sur le lien entre l’entraide familiale et la fécondité en
contexte de pauvreté. Parmi les objectifs secondaires poursuivis par cette recherche, l’on
pourrait par exemple observer si la famille élargie persiste, ou alors si on assiste à une
nucléarisation de la famille au Cameroun. L’Afrique subsaharienne est la région du monde
qui connaît la plus rapide croissance de sa population, à cause d’un début tardif de la
transition de la fécondité. Cependant, malgré cette forte croissance démographique, la baisse
de la fécondité est amorcée en Afrique subsaharienne comme en témoigne cette déclaration de
LOCOH (2002) figurant dans le Bulletin démographique des Nations unies (2002) :
« Désormais, chaque nouvelle enquête vient confirmer que l’Afrique subsaharienne s’engage
dans une nouvelle phase de la transition démographique mais nombre de pays ne donnent
encore que les premiers signes de ce tournant » (p. 177). JOSEPH et GARENNE (2001),
situent le début de la transition de la fécondité dans cette région vers la fin des années 1960 et
dans les années 1970 en zones urbaines, et dix ans plus tard en zones rurales. La précocité de
la chute de la fécondité en milieu urbain par rapport au milieu rural est confirmée par cette
citation du Bulletin démographique des Nations unies (2002) : « En Afrique, à l’exception de
quelques pays situés surtout dans le sud du continent, la baisse de la fécondité est pour
l’essentiel un phénomène urbain, car la nature des familles, les occupations exercées par les
adultes et le rôle des enfants et ce que l’on attend d’eux sont très différents en milieux urbains
et en milieux ruraux » (Bulletin démographiques des Nations unies, 2002, p. 89)
Il est admis l’existence de plusieurs modèles de transitions de la fécondité, lesquels découlent
de la pluralité des facteurs et circonstances pouvant expliquer la baisse de la fécondité. En
Occident, d’après CASTERLINE (2001), un lien étroit était fait entre la chute de la fécondité
et les grandes mutations économiques et sociales du XIXè et du début du XXè siècles, telles
que l’industrialisation et l’urbanisation. C’est ainsi que pour expliquer la baisse de la
fécondité, les auteurs comme THOMPSON (1929), DAVIS (1945), NOTESTEIN (1945 et
1953) ont souligné que l’impact de ces grandes mutations a été d’accroître le coût de
l’éducation des enfants, et de réduire les avantages que ces derniers représentaient pour les
générations âgées. Alors que DAVIS (1963) a aussi évoqué l’importance de la chute de la
mortalité, ARIES (1962 et 1980) a plutôt évoqué l’évolution de la conception de la famille.
En Afrique subsaharienne, pour justifier les niveaux élevés de fécondité observés dans cette
région, des chercheurs tels que CALDWELL (1976), LESTHAEGHE (1989), BECKER
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(1981), WILLIS (1986) ont proposé plusieurs explications. Les travaux de BECKER (1981)
fondés sur un raisonnement microéconomique et ceux de WILLIS (1986) ont conclu que la
forte fécondité en Afrique subsaharienne provenait d’un choix raisonné. Selon ces auteurs, les
parents africains réaliseraient une sorte d’étude coût/bénéfice des enfants, et ils sont certains
du bénéfice net qu’ils tirent d’une fécondité élevée, puisque la fécondité semble répondre aux
taux de rendement des enfants. Il importe de noter que ce résultat de BECKER (1981) et
WILLIS (1986) avait déjà été trouvé par CALDWELL en 1976, puisqu’il avait constaté que
les parents étaient les principaux bénéficiaires des transferts intergénérationnels, et c’est cela
qui justifierait la forte fécondité en Afrique subsaharienne d’après lui. Par conséquent, la
chute de la fécondité dans cette région passerait nécessairement par une inversion du flux de
richesses intergénérationnelles, c’est-à-dire que tant que le solde net du flux de richesses entre
les aînés et les cadets profitera aux aînés, la fécondité demeurera à des niveaux élevés. S’étant
aussi intéressé à l’entraide familiale dans la société africaine, LESTHAEGHE (1989) a
remarqué que celle-ci joue pleinement le rôle de redistribution des charges au sein de la
famille élargie. Le fait que le coût des enfants soit redistribué au sein de la famille étendue
allège considérablement le poids de la charge sur les géniteurs, et ces derniers, ne ressentant
pas le poids pesant des coûts des enfants pourront désirer une descendance nombreuse. Pour
cet auteur, pour que la fécondité chute en Afrique subsaharienne, il faut au préalable un
affaiblissement du système d’entraide familiale

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