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Type Report
Title Burundi. Analyse de la malnutrition des enfants au Burundi.
Publication (Day/Month/Year) 2013
Publisher UNICEF
URL http://schoolsandhealth.org/Shared Documents/Analyse de la malnutrition des enfants.pdf
Abstract
En dépit d’un potentiel en autosuffisance alimentaire, le Burundi est un des pays les plus affecté par l’insécurité
alimentaire parmi les 79 pays listés dans le rapport Global Hunger Index récemment publié par l’International Food
Policy Research Institute (IFPRI 2012). 58% des enfants Burundais de moins de 5 ans sont chroniquement malnutris.
Cette situation est une urgence silencieuse qui occasionne des dommages irréversibles pour la croissance
physique et le développement intellectuel des enfants, hypothéquant leurs performances scolaires et plus tard,
leur devenir social et professionnel. Par conséquent, la malnutrition devrait être systématiquement considérée
comme un problème de développement avec des conséquences néfastes sur la croissance économique et le
progrès du Burundi. Les investissements du pays sont actuellement mis en péril par ce problème de malnutrition.
Les pertes économiques associées à la malnutrition infantile sont estimées à deux fois le budget annuel du
Ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida.
La recherche internationale en la matière a montré que les politiques et stratégies utiles contre la malnutrition
doivent être ancrées dans une réelle volonté politique et s’inscrire dans une démarche multisectorielle avec les
acteurs et parties concernés. Le Burundi a fait en effet des efforts considérables en matière d’intégration des
questions de nutrition dans les politiques et stratégies et il est en train d’établir une « plateforme multisectorielle
pour la sécurité alimentaire et la nutrition » (PMSAN).
Dans la mise en œuvre des interventions prioritaires de nutrition, le Burundi a fait des progrès pour combattre
la malnutrition chronique. Son adhésion récente à l’initiative SUN (Scaling-Up-Nutrition) traduit la prise
de conscience des autorités politiques du pays et leur engagement à affronter l’important problème de la
malnutrition. Les autorités burundaises ont également confirmé leur engagement en faveur d’un meilleur contrôle
de la démographie.
Les analyses secondaires réalisées à partir des données de l’Enquête Démographique et de Santé (EDS II
2010) montrent que les facteurs significativement associés à la malnutrition ont davantage trait aux causes
fondamentales telles que décrites dans le cadre conceptuel de la malnutrition développé par Urban Jonsson
(1993). Il s’agit notamment des variables suivantes : le sexe de l’enfant, la taille du ménage, l’espacement des
naissances, le niveau de richesse. La richesse semble jouer un rôle protecteur contre le retard de croissance pour
les petites filles. Sur ce même registre, le niveau d’instruction de la mère (supérieur au secondaire) est également
un facteur déterminant.
Il est également à noter que les pratiques inadéquates d’alimentation du jeune enfant ainsi que les mauvaises
conditions d’hygiène (avec les maladies diarrhéiques) entretiennent le cercle vicieux de la malnutrition au Burundi.
La recherche qualitative réalisée au mois d’août 2012 dans les provinces de Gitega et de Kirundo a révélé que c’est
plutôt la façon dont les mères gèrent et préviennent les risques qui fait la différence pour le statut nutritionnel de
leurs enfants. Les mères d’enfants bien nourris ont tendance à être plus proactives et moins fatalistes et prodiguent des soins supplémentaires à leurs enfants. Les attitudes vis-à-vis de l’hygiène (débarrasser par exemple les
excréments d’animaux de la maison, filtrer ou purifier l’eau du lac ou utiliser le savon plus régulièrement) sont
déterminantes. Ces mères sont plus susceptibles de traiter des maladies plus tôt et, comme indiqué plus haut, de
fournir une alimentation plus diversifiée et une nourriture de meilleure qualité.
A conditions de vie plus ou moins similaires (degré d’insécurité alimentaire et facteurs de risque), les mères
d’enfants bien nourris sont en mesure d’adopter des comportements adéquats pendant des épisodes de maladie
ou face à des situations pouvant compromettre le statut nutritionnel de leurs enfants. Tout ceci indique donc que les
connaissances, les attitudes ainsi que les comportements sont probablement plus importants que l’environnement
dans lequel les enfants évoluent dans la détermination de leur bien-être ou de leur mauvaise santé.
L’enquête qualitative relativise certains résultats de l’EDS 2010. En l’occurrence, elle montre que l’allaitement
maternel n’est pas aussi exclusif que le laisse entendre l’EDS car les enfants de moins de 6 mois consomment
plusieurs types d’aliments et de boissons (comme l’eau, la bière, le miel et la bouillie) que leurs mères ne
considèrent pas être de la nourriture en soi.
L’Analyse de la situation des enfants sur le plan nutritionnel (SitAn) fournit une estimation de la mise en œuvre
des interventions ciblées pour réduire la malnutrition. Dans un premier scénario, le Burundi aurait besoin de
mobiliser environ 24 millions de dollars US par an pour abaisser le taux de malnutrition chronique de 14.8 %, soit
éviter 113 000 cas d’enfants de moins de 5 ans malnutris. Les résultats du deuxième scénario se rapprochent des
objectifs nationaux car il préconise une baisse de 17% du taux de prévalence de la malnutrition chronique. Par
contre ce scénario 2 requiert environ 35 millions de dollars US par an pour éviter 130 000 cas d’enfants de moins
de 5 ans malnutris.
Plusieurs recommandations peuvent être proposées pour que le Burundi améliore sa réponse à la forte prévalence
de la malnutrition chronique. Celles-ci tirent profit des preuves scientifiques qui recommandent des interventions
à haut impact pour réduire la malnutrition avec un retour sur investissement élevé :
• Organiser et mettre à l’échelle et/ou renforcer les interventions nutritionnelles essentielles pendant les 1000
jours de la fenêtre d’opportunité (du début de la grossesse jusqu’à 2 ans) comme recommandé par le cadre
de l’Initiative SUN.
• Développer la fortification des aliments en collaboration avec le secteur privé, promouvoir l’allaitement
maternel exclusif et une alimentation de complément appropriée en utilisant des produits locaux, promouvoir
le traitement de la diarrhée et l’hygiène par le lavage des mains au savon.
• Identifier les besoins essentiels de renforcement des capacités en matière de nutrition et élaborer un plan
pour combler les lacunes• Elaborer et mettre en œuvre des programmes de protection sociale qui sont essentiels pour aider les familles
pauvres à subvenir à leurs besoins essentiels, y compris les besoins alimentaires.
• Mettre en place une plateforme multisectorielle de coordination de haut niveau en matière de sécurité
alimentaire et de nutrition pour élaborer et suivre les différentes stratégies.
• Entreprendre et maintenir un plaidoyer politique constant au plus haut niveau au sein du gouvernement, du
parlement, des donateurs et de la société civile, afin de s’assurer de leur engagement en matière de lutte
contre la malnutrition et de leur prise de conscience de la nécessité d’une contribution financière adéquate
du gouvernement.
• Finaliser les divers documents de politique et de stratégie concernant la lutte contre la malnutrition (tels que
requis par l’adhésion pleine au mouvement SUN), comprenant la stratégie multisectorielle, un cadre de suivi
et d’évaluation ainsi qu’un budget commun
• Mener des campagnes de sensibilisation sur les dangers de l’abus d’alcool et ses effets sur la santé et le bien-
être de la famille

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