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Type Report
Title L'etat de la gouvernance, de la paix et de la securite au Mali en 2014
Author(s)
Publication (Day/Month/Year) 2014
URL http://www.instat-mali.org/contenu/eq/ranagouver14_eq.pdf
Abstract
Depuis son accession à l'indépendance le 22 septembre 1960, la République du Mali a connu
trois régimes politiques successifs : le socialisme avec Modibo KEITA (1960 - 1968), la dictature
militaire avec Moussa TRAORE (1968 - 1991) et la démocratie pluraliste depuis 1992 avec
comme premier Président Alpha Oumar KONARE. L'avènement du multipartisme est intervenu
suite à une transition politique (1991 - 1992) consécutive à une insurrection populaire ayant
abouti à la chute du régime du parti unique.
La République du Mali fut considérée, pendant plus de deux décennies, comme un exemple de
démocratisation réussie en Afrique. En effet, le pays a connu un climat apaisé où les élections se
déroulaient sans problèmes majeurs. Le pays réussit même une alternance démocratique au
sommet de l’Etat, lorsqu’en 2002, le premier Président démocratiquement élu, après deux
mandats d’exercice, céda son fauteuil à un deuxième Président Amadou Toumani TOURE issu
des urnes également.
En 2012, dans un contexte de crise sécuritaire dans le septentrion du pays, l’ensemble de ces
acquis démocratiques furent ébranlés. Un groupe de militaires mit fin au régime du deuxième
Président démocratiquement élu, par un coup d’Etat, à quelques mois de la fin de son second et
dernier mandat. Il s'en suivit une crise politico-institutionnelle et sécuritaire sans précédent,
caractérisée par l'occupation de deux tiers du territoire national par divers groupes armés et la
démission forcée du Président de la République suivie d'une transition laborieuse. Cette crise
atteignit son paroxysme quand les différents groupes armés occupant le nord du pays voulurent
marcher sur la capitale et imposer à l'ensemble du territoire un régime politique d'un autre âge.
Grâce à une intervention militaire de la communauté internationale, le pays put retrouver son
intégrité territoriale et un retour à un ordre constitutionnel normal marqué par l’élection du
Président de la République en août 2013 après une transition de 17 mois.
Comme bon nombre de pays africains au sud du Sahara, la gestion du pouvoir au Mali est
largement néopatrimoniale. En effet, celle-ci est caractérisée par un système où ceux qui dirigent
utilisent les ressources de l’Etat pour garantir la loyauté des partisans et donner des avantages à
leurs amis, familles et sympathisants. Tenir le pouvoir est aussi le meilleur moyen d’accéder à la
richesse. En effet, dans ce pays très pauvre, miné par la corruption, les marchés publics
constituent les meilleures opportunités pour le secteur privé, lui-même peu dynamique et ne
parvenant pas à émerger comme moteur du développement et de la création d’emplois décents.
Malgré une croissance économique appréciable au cours des dernières années ayant précédé la
crise, la pauvreté touche une grande majorité de la population malienne. En 2013, 47,1 % de la
population correspondant à 7,1 millions de Maliens vivaient au dessous du seuil de pauvreté
estimé à 174 000 FCFA2. Le Mali demeure parmi les pays les plus pauvres du monde. Avec un
Indice de Développement Humain (IDH) de 0,407, il se situe au 176ème sur 187 pays classés en
2013.Dans le domaine de la Gouvernance, le Mali se trouve en assez mauvaise position dans les
classements internationalement reconnus dans le domaine. Avec seulement 32 points sur 100, il
est classé 99ème sur 175 pays sur l’indice de perception de la corruption de Transparency
International en 2013. Il apparait au 27ème rang sur 52 pays pour l’indice de gouvernance en
Afrique 2013 de la Fondation Mo Ibrahim avec des notes très modestes dans les domaines de la
« redevabilité », l'Etat de droit, les infrastructures, l'enseignement et la protection sociale.
Or, étant donnés les grandes contraintes et défis auquel le pays est confronté, notamment ceux
liés à son enclavement, à l’étroitesse du marché intérieur, à la pression démographique et à la
faible diversification de son économie, le Mali a besoin de stabilité politique et de performances
très élevées en matière d'enseignement, de gouvernance et de qualité des institutions publiques,
pour créer les conditions propices à la croissance économique et le développement, et partant à
une paix durable.
Au regard de ce tableau, le renforcement des outils et mécanismes de Suivi/Evaluation de la
démocratie, de la gouvernance et de leurs liens avec les politiques de développement
socioéconomique est d’une importance capitale pour garantir un meilleur veille dans ces
domaines sensibles pour la préservation de la paix et de la stabilité.
Depuis 1992, année des premières élections pluralistes, le Mali a organisé une série de cinq
élections générales (présidentielles, législatives et communales). Pourtant ces dernières ont
comme point commun un faible taux de participation des électeurs. La compréhension de ce
phénomène qui suggère un malaise entre la population et la classe politique, nécessite la
disponibilité de données fiables sur l'opinion et le comportement des citoyens sur la chose
politique. L'importance des données de gouvernance comme outil essentiel pour la planification
nationale et pour la prévention de conflits est largement acceptée par tous.
Le présent rapport d’analyse donne un aperçu de la perception de la population des ménages
ordinaires au Mali sur les questions relatives à la gouvernance démocratique et à la sécurité3. Il
est basé sur le module GPS-SHaSA collecté pour la première fois en 2014 dans le cadre du 4ème
passage de l’EMOP 2013–2014. La méthodologie harmonisée au niveau de l’Afrique est
directement issue des techniques d’enquêtes greffées sur la gouvernance mises au point par
les chercheurs de DIAL dans les années 1990 et 20004, et actualisées aux besoins de l’agenda
post-2015 et de l’intégration du continent5. Le rapport comprend quatre chapitres. Le premier
traite de l'opinion de la population sur la démocratie et les droits de l'homme. La qualité des
institutions et la corruption sont abordées dans le deuxième chapitre pendant que le troisième
étudie l'Etat de la gouvernance à travers la relation entre le pouvoir et les citoyens. Les
questions de paix et de sécurité sont discutées dans le chapitre quatre.

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